Sans prendre position sur le bien fondé ou non de la fouille qui s’est déroulée en novembre dernier dans une école du réseau libre de Saint-Gilles à la suite d’un vol, les propos homophobes tenus à la suite de cet incident démontrent encore à quel point il importe d’aborder les questions liées au genre et au respect de  l’orientation sexuelle et affective de chacun dans le milieu scolaire.

Dans chaque classe, des élèves peuvent se sentir attirés par des personnes de même sexe et dans chaque école, il y a des enseignants  gays, lesbiennes, bisexuel(le)s ou transgenre. La majorité d’entre eux cachent leur orientation sexuelle car le sujet est encore trop souvent tabou.

En effet, l’homosexualité et l’identité de genre sont des thèmes qui sont peu abordés dans les écoles. Elles se doivent de les présenter dans un cadre langagier positif, afin de répondre à leur mission d’égalité et d’éducation pour tous. En effet, toute école digne de ce nom doit valoriser et respecter chacun, quelle que soit son orientation sexuelle et identité de genre.

Lors du Conseil communal du 1er décembre, Julie Papazoglou a posé les questions suivantes:

  • Existe-t-il des modules pédagogiques dans les écoles communales à l’attention des élèves qui abordent les thèmes de l’homosexualité et de l’homophobie au même titre que d’autres thèmes de société (racisme, familles, discrimination, amour, etc.) ? Si oui : Comment fonctionnent-ils ? Quels sont leurs contenus ? A quel  rythme sont-ils donnés ?
  • La bibliothèque de Saint-Gilles et les autres centres de documentation dans les écoles, voire la ludothèque, disposent-ils de documents, de livres, de jeux ou d’autres matériaux pédagogiques abordant la thématique de  l’homosexualité?
  • Le personnel enseignant de notre commune est-il  formé aux thématiques de l’homosexualité et de l’homophobie ?

Martine Wille – échevine de l’Enseignement – a indiqué que plusieurs écoles de la commune possédaient des outils pédagogiques, notamment créés par Amnesty International et par  la Communauté française, abordant ces thèmes et qu’il existait également des livres et des jeux évoquant la question de l’homosexualité dans les bibliothèques et ludothèques de Saint-Gilles.

Par contre, l’échevine n’a pas mentionné la manière dont le corps enseignant s’était approprié ces outils, ni si les professeurs avaient suivi des formations sur ces thèmes, ni comment ils avaient été présentés aux élèves ou aux jeunes en général.

Madame Wille n’a donc  pas apporté de réponse à ce sujet.

Selon Julie Papazoglou, il ne suffit pas de disposer d’un matériel pédagogique approprié, encore faut-il savoir comment celui-ci est utilisé et diffusé sur le terrain.

Aujourd’hui encore, de nombreuses agressions à caractère homophobe ont lieu à Bruxelles. Il est donc crucial de pouvoir aborder ces problématiques  au sein de toutes les écoles en vue de permettre aux enfants de grandir sans ce type de préjugé.

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